Présentation des résultats du premier projet
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Première rencontre avec les autorités locales pour préserver le potto du Bénin et les moyens de subsistance des communautés

Contexte

Tout projet de conservation mené au bénéfice des communautés doit tenir compte de leur avis, de leur perception des objectifs et de leurs recommandations pour atteindre les résultats attendus. Cette démarche commence par une prise de contact avec les autorités locales : chefs de village ou leurs représentants, chef d’arrondissement et, dans la mesure du possible, maire de la commune.

C’est dans cet esprit que Stanislas Gandaho, accompagné de Aude Salanon et Habib Agossou, a organisé une première rencontre avec les autorités locales situées autour de la réserve biologique communautaire d’Agbogon. L’objectif était de présenter le projet intitulé « Préserver le potto du Bénin et les moyens de subsistance des communautés grâce à une gestion active de la réserve biologique d’Agbogon, au Bénin ».

Tenue le 14 septembre 2026 dans l’arrondissement de Kpedekpo, cette rencontre a réuni les chefs et représentants des villages d’Azakpa (village central d’une parie du projet), de Wometo, de Houeli et d’Agonvè.

Points abordés

1. Présentation des résultats du premier projet

La rencontre a débuté par une brève présentation des résultats du premier projet. Cette mise au point était nécessaire pour placer l’ensemble des participants au même niveau d’information, en particulier les nouveaux acteurs tels que le chef d’arrondissement récemment élu et le représentant du village d’Azakpa.

Le premier projet visait à préserver le singe à ventre roux. Une activité d’inventaire a été menée pour vérifier sa présence dans la zone, ainsi que des ateliers destinés à engager les communautés dans la conservation. Si l’espèce ciblée n’a pas été directement identifiée, d’autres découvertes importantes ont été faites, notamment la présence du sitatunga, du singe mone et du potto du Bénin. Cette dernière espèce fait aujourd’hui l’objet du second projet, au cœur de la présente rencontre.

Une reconnaissance particulière a été exprimée envers les communautés pour leur bonne foi, illustrée par le respect et la protection des appareils installés dans la réserve. Afin de renforcer cette confiance et d’élargir l’engagement, la priorité a été accordée pour ce second projet aux villages non représentés lors du premier, comme Azakpa. Ce village fournira à lui seul 50 % des participants aux prochains ateliers portant sur l’importance de la protection du potto du Bénin, la conservation des zones humides, les potentialités d’écotourisme de l’île d’Agonvè et les bénéfices que les communautés pourront en tirer.

À cette occasion, les chefs et représentants ont proposé un calendrier pour la prochaine étape du projet, qui consistera à conduire des ateliers avec les communautés. Ces ateliers sont prévus à partir du 3 octobre 2026.

2. Faisabilité de l’extension de la réserve

La réserve biologique d’Agbogon a été officiellement créée par décret communal en 2012. Cependant, cette reconnaissance reste méconnue d’une grande partie de la communauté et a même constitué une découverte pour l’équipe du premier projet. En l’absence d’un organe de gestion assurant une gouvernance appropriée, la réserve n’existe que sur le papier.

Une part importante de sa couverture végétale a été convertie en terres agricoles. Entre 2017 et 2024, la couverture forestière au sein de la réserve a diminué de 37,6 % tandis que les pâturages ont augmenté de 62,4 % (Gandaho et al., 2026), en raison de l’abattage incontrôlé, du pâturage et de l’empiètement agricole.

Pour compenser cette perte, Naben propose d’étendre la réserve vers le sud sur une superficie d’environ 5 km², une zone non anthropisée en raison de la présence d’eau. Cette explication a captivé les autorités et leur a permis de mesurer la perte définitive qui menace la réserve ainsi que la nécessité de la conserver.

3. Mise en place d’un comité local de gestion

Le dernier point abordé portait sur la création d’un comité local de gestion et de suivi de la réserve. Cette proposition a été approuvée par les participants.

Conclusion

Cette première rencontre a permis d’informer et de mobiliser les autorités locales autour des enjeux du projet. Elle a jeté les bases d’une collaboration renforcée avec les communautés, en vue des ateliers prévus le 3 octobre 2026 et de la mise en place progressive d’une gestion active et durable de la réserve biologique d’Agbogon.

Nous adressons nos sincères remerciements à la Rufford Foundation dont le soutien rend possible la réalisation de ce projet au service de la conservation du potto du Bénin et des communautés d’Agonvè.

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